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Bienvenue! Jeune Congolais. A ceux qui disent que nous sommes le futur, nous répondons que nous sommes le présent. Informons-nous et échangeons pour bâtir un CONGO fort. "La sagesse ne doit plus être l'apanage de vieux."

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Une lettre à ERIC NGARDJIMTI

Salut Eric,

Je suis très content de te savoir bien portant. De notre côté, ça va bien.. au taux du jour, diraient certains.
Nous ne sommes pas insensibles à ce qui se passe au Darfour et c'est un peu vrai, aujourd'hui plus que hier, des voix s'élèvent à travers le monde pour condamner cette barbarie. De plus en plus d'organisations haussent le ton pour contraindre toutes ces puissances soi-disant invisibles à revoir leurs stratégies. Mais....

Comment communiquer et véhiculer ce message de sensibilisation auprès de cette population occidentale qui profite du système. Une population qui se suffit et qui, de surcroît, s'en fout éperdument aussi longtemps que ses besoins sont satisfaits - les bonnes et sensibles âmes existent, mais dans quelle proportion? Penses-tu vraiment que ce génocide qui se trame au Darfour irrite la sensibilité de cette population inconsciente, non pas par manque d'intellect ou d'esprit critique, mais simplement par volonté inavouée et consciente.

Aussi longtemps que la balance ne basculera pas entre le nord et le sud - sans être pessimiste. Ce problème de portée universelle ne pourra trouver voie de solutions que dans la mobilisation de la population locale, africaine et de la diaspora. Connaissant la réaction de l'africain, premier concerné hierarchiquement, je crains véritablement.

Les journaux en parlent, les unes montrent ici et là des images chocs, les radios relaient, les télés essaient de s'impliquer. Le gros du travail reste en cours à faire parce que la conscience collective manque.

Agir pour éradiquer ce conflit est, là, une bien bonne mission quasi-impossible à notre niveau - réalisme s'imposant. Apporter des solutions éphemères restent encore à notre portée. Recollecter de fonds, communiquer sans espoir d'être vraiment entendu...Voilà, les missions que nous pouvons entreprendre en tant qu'étudiants. c'est le serpent qui se mord la queue, n'est-ce pas?

C'est vrai que toute campagne compte...Toute action reste salutaire. Le gros de notre souci demeure l'efficacité dans l'action et de l'action. La mobilisation des étudiants s'avère mission impossible. Problème de communication? oui, peut être. Mais si un guinéen ne se soucie pas,déjà, du problème touchant son pays ou les siens, combien à plus forte raison un génocide qui s'ourdit à des milliers de kilomètres de chez lui effleurerait son esprit? Comme toujours des âmes sensibiles et révolutionnaires existent mais à quelle proportion?

Je me suis peut être gravement trompé dans mes propos, parfois durs et secs ou peut être même insensés, mais ils traduisent mon sentiment quasi-réel. Ce dont je suis sûr et certain ce que, tant que les réalités économiques gouverneront ce monde, notre lutte sera très laborieuse, épuissante, très usante...jusqu'à être perçue comme une peine perdue.

Je voudrais bien continuer à croire à ce combat...même quand les autres ne m'aident pas. Ce combat associatif que je mène de grand coeur, car j'ai toujours cru que le monde changera malgré tout. Une lueur d'espoir demeure, car dit-on " l'espoir fait vivre" et aussi longtemps qu'il y aura souffle de vie...Nous pouvons tous espérer à des lendemains meilleurs.

Nous travaillerons dans les limites de nos capacités pour venir, tant soit peu, en aide à ce peuple frère qui se meurt, faute des résolutions "onusiennes", en donnant ce que nous avons de chers, notre temps, notre force et notre volonté.

Ange KONGO
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